dimanche 10 février 2013

Le maître et Marguerite de Boulgakov


Trois histoires se percutent et s’enchevêtrent dans ce livre assez inclassable entre le burlesque, le surnaturel, la satyre sociale et politique… Entre le Moscou des années 30 et la Jérusalem d’Hérode…le bien et le mal s’affrontent. Satan et Dieu ne sont jamais loin. Les hommes aussi, qui se penchant vers l’un ou l’autre nous montrent toutes les bassesses et lâcheté de la nature humaine et aussi toute sa grandeur.
Sous forme d’une fable cocasse, Boulgakov dont ce chef d’œuvre n’a pas été publié de son vivant, nous soumet une critique du régime stalinien. Disparitions, internements, privilèges de la Nomenklature, âme russe exaltée et pleine de contradictions,
Une lecture ENTHOUSIASMANTE ! 
(par Chantal Février 2013)

vendredi 8 février 2013

C'est un livre qui met en perspective, en abîme, 3 vies (peut-être même 4, si l'on considère aussi celle du lecteur.).
Barbara Loden a réalisé un film, un seul, "Wanda" qui relate un fait divers (le hold hup d'un couple -Wanda en est la femme- qui tourne mal).
Nathalie Léger nous raconte et Barbara Loden et Wanda. Comment ces 3 histoires, ces 3 vies se font écho, se touchent et nous touchent.

Ce qui est intéressant dans ce livre c'est le rapport entre le réel et la fiction.
C'est un livre magnifique, cinématographique, l'écriture y est profonde et espacée.
Une belle réflexion sur l'acte de créer.

Difficile à raconter mais à lire absolument!
Le narrateur nous parle de la perte d'une passion impossible (...et inconnue!...)
Cécile part rendre visite à son père, grand violoniste absent durant son enfance, hospitalisé.
Dans le train, elle croise un homme qu'elle croit reconnaitre. Elle revoit en lui un examinateur dont elle est tombée amoureuse de manière adolescente et platonique.
Croiser cet homme ravive la flamme. Elle le suit.
Suit alors un corps à corps fiévreux et passionné. Puis un dîner dans un grand restaurant qui tourne au cauchemard.

C'est un livre brûlant et poignant où il est question du manque, de ce que l'on râte, de nos quêtes et de la douleur de la perte.
Au départ il y a ce tableau d'Hopper "Nighthawks".
Philippe Besson nous livre une interprétation de ce tableau, une plongée à l'intérieur...

L'histoire de Ben, barman de Cape Cod (ville balnéaire proche de Boston), de Louise, dans sa robe rouge qui est là, comme tous les soirs. Elle attend son amant Norman (qui en ce moment doit être en train de rompre avec sa femme). Et enfin il y a Stephen qui surgit de nulle part ou presque.
Norman qui a quitté Louise 5 ans auparavant...et qui vient de quitter sa femme...

Nou sommes dans une sorte de huit clos, dans ce café, fin septembre. La moiteur est au rendez-vous.

Un roman avec une belle atmosphère. On entre et dans le livre et dans le tableau. L'identification est immédiate.
Paul Steiner, écrivain, la quarantaine, nous livre le récit de son existence. Une sorte d'état des lieux. Une interrogation sur le sens de sa vie, sa manière d'être "toujours à la lisière", jamais totalement concerné, toujours en marge.

Sa femme vient de le quitter, sa mère est hospitalisée. C'est le point de départ. Son frère lui demande d'aller s'occuper de ses parents "pour une fois". Ce qu'il va faire. Plongée dans son passé, ce qui l'a construit, ce dont il a cherché à se détacher.
Un retour sur sa mémoire.
Une réflexion sur son métier d'écrivain.
Ce roman pourrait avoir des allures d'autobigraphie: Qui est Paul Steiner? Olivier Adam?
Mais non, nous sommes bien dans une fiction et c'est ce qui nous touche.

Roman ample et bouleversant avec en toile de fond les années 90 et notre actualité proche.